Débuter la pêche au leurre !

Les informations de base destinées aux personnes souhaitant se lancer dans la pratique passionnante de la pêche du carnassier au leurre : quel matériel répond à mes besoins ? comment composer un ensemble canne-moulinet cohérent ? Les points d’attention avant de se rendre dans son magasin préféré. 

Pêche au leurre, pêche moderne ?

Quoiqu’on en pense, même si la pêche aux leurres est une technique dite « moderne », cela reste une pratique plutôt … ancienne.

Au 17ème siècle déjà, l’utilisation de poisson artificiel, une imitation de vairon confectionnée à la main, était courante pour la pêche de la truite. Il y a donc plus de 300 ans que le pêcheur a compris l’intérêt et l’efficacité d’un leurre imitant une proie.

En 1936, Lauri Rapala (Finlandais) lance un poisson-nageur à bavette fabrique en balsa.

Au début des années 2000, la firme Rapala réalisait un chiffre d’affaire annuel avoisinant les 200 millions d’euros. Ces 20 dernières années, les fabricants sont parvenus à améliorer leur efficacité grâce à l’utilisation de nouveaux matériaux et à de nouvelles technologies, ce qui a également boosté la diversité de leurres disponibles sur le marché.

Technique de pêche

La technique de pêche aux leurres est bien éloignée de la pêche traditionnelle ‘au posé’. Le feeder, la pêche de la carpe, la pêche au coup sont des techniques d’attente, qui permettent de lâcher la canne et de vaquer à d’autres occupations. On peut lire son journal au bord de l’eau ou siroter quelques petites bières en surveillant son bouchon. Par contre, la technique du leurre est une pêche de mouvement et de prospection.

La lecture de l’eau est indispensable pour aller chercher le poisson là où il se trouve. Dans ce sens, elle se rapproche plus, par exemple, de la pêche de la truite ‘au toc’.

Il s’agit en outre d’une pratique qui requiert quelques apprentissages : un bon lancer, une ou plusieurs technique d’animation, de la sensibilité, … et surtout pas mal d’expérience pour en tirer une efficacité maximale. Les différentes animations, le choix du leurre (en fonction de l’eau, de la météo, de la saison ou encore de la masse d’eau) peuvent vite décourager le débutant … mais Rome ne s’est pas fait en un jour et c’est la relative complexité qui fait tout le charme de cette pêche.

Le matériel

La canne

Outil principal du pêcheur, il y existe deux catégories de canne aux leurres : spinning et casting.

La canne spinning est le format de canne classique, avec les anneaux et le moulinet placés en dessous. La canne casting est d’avantage utilisée aux Etats-Unis, mais la mode s’étend fortement par chez nous. Les anneaux et le moulinet sont placé sur le dessus de la canne ce qui nécessite un moulinet spécifique appelé ‘moulinet à tambour’. Elles présentent certains avantages, mais sont plus difficile à utiliser et plutôt destinées à des pêcheurs avertis.

Quelques critères pour le choix d’une canne en adéquation avec nos besoins :

Les cannes peuvent en une pièce (monobrin), en 2 brins (le plus souvent) ou en 3 brins ou plus. Moins il y a de pièce, plus la canne est résonnante (sensible). Plus il y a de brins, plus elle est facilement transportable, mais elle perde aussi en sensibilité.

Ensuite, l’action de la canne se définit comme la manière dont elle se courbe sous l’effet de la flexion qui la déforme. Cette déformation a lieu durant le lancer de la ligne et durant le combat avec le poisson. Sous l’effet de la flexion, la canne peut se courber de manières différentes : une action « Fast » va provoquer une courbe de la canne essentiellement sur scion. Une action « Moderate » (semi progressive) va engendrer une flexion de la canne pratiquement sur la moitié du blank. Une action « Slow » (progressive) va courber le blank dès le talon de la canne.

Par conséquent, une action fast, voire extra-fast, sera adaptée à la pêche au leurre souple ou au jerkbait. C’est l’action qui va amener le plus de sensibilité lors de l’animation du leurre mais aussi lors de la transmission de la touche. Une action plus progressive sera davantage adaptée à l’utilisation de crankbait, lipless, pinnerbait ou swimbait, c’est-à-dire des leurres qui procurent plus de résistance et/ou de vibrations dans la canne et nécessitent dès lors plus de souplesse.

Enfin, la puissance de la canne (en grammes), également appelée « plage de lancer », correspond au poids qui peut être lancé. Il s’agit d’une plage théorique et certaines cannes peuvent aller au-delà de cette plage maximum. Pour certaines cannes légères (UL ou L), c’est surtout la plage basse qui doit faire l’objet de la plus grande attention pour envisager l’envoi de leurres très légers pour la pêche de la truite ou du chevesne par exemple.

UL Ultra Light 1-7g
L Light 3-12g
ML Medium Light 5-14g
M Medium 7-28g
MH Medium Heavy 10-40g
H Heavy 20-80g
XH Extra Heavy 80-150g
XXH Extra Extra Heavy >150 gr

Budget: de 40 à 800 euros. Inutile de faire des dépenses folles lorsque l’on débute. Il est tout-à-fait possible de prendre du plaisir avec une canne de moins de 100 euros. Dans une fourchette entre 150 à 300 euros, les cannes sont d’ores et déjà de très bonnes qualité.

Le moulinet

Le choix de votre moulinet doit également être réfléchi en fonction de la pêche que l’on souhaite pratiquer et aussi en fonction de la canne qui a été choisie. Le tout doit être équilibré et former un ensemble cohérent.

Spinning

Différents critères varieront en fonction de la taille (de 1000 à 6000) :

  • la contenance: par exemple 140m de tresse en 20/100 pour un moulinet de taille 1000
  • le frein (en kilo) : 4 kg de puissance pour un taille 1000, 5 kg pour un taille 2000, etc
  • le ratio : la vitesse de récupération, soit la quantité de tresse ramenée à chaque tour de moulinet. Par exemple, un ratio 6.2:1 signifie 6,2 tours de bobine pour un tour de manivelle ( = +- 80cm selon le moulinet).

Plus d’infos ICI concernant le ratio.

Ainsi, pour la perche, sur une canne UL ou L, un moulinet de taille 1000 peut être suffisant. Pour la perche et le sandre, une ML ou M, avec un moulinet de taille 2000, 2500 ou 3000 peut convenir.  Pour le brochet, il pourra être pertinent d’envisager une canne MH, H ou XH et des moulinets de taille 3000 ou plus.

Ce tableau donne de bonnes indications, même si les valeurs variant toujours d’un fabricant à l’autre.

Taille Moulinet Puissance de la canne
1000 UL
1000 / 2500 L
1000 / 2500 ML
2500 M
2500 / 3000 MH
3000 / 4000 H
4000 XH
4000 / 5000 XXH

En termes de marques, nous conseillons principalement les Daiwa, Shimano et Abu Garcia, mais d’autres marques font également des produits de très bonne qualité.

Budget: entre 50 et 500 euros. Prix moyen : 80-100 euros

Casting

Les moulinets casting proviennent des Etats-Unis. Ils ont la particularité d’avoir un tambour tournant là où les moulinets spinning ont un tambour fixe. La différence principale réside dans la manière de freiner la bobine qui ne demande qu’à s’emballer lors des lancers.

Pour se faire, le moulinet casting dispose de 2 freins en plus du frein de combat déjà présent sur les modèles spinning.

  • Le frein de friction : il gère l’inertie de la bobine et évite les fameuses perruques. Elles surviennent principalement lors du lancer, quand le leurre prend de la vitesse pour finalement s’arrêter brusquement une fois qu’il touche l’eau. Le tambour tournant aura lui aussi pris de la vitesse et s’il n’est pas freiné lorsque le leurre touche l’eau, c’est la perruque assurée !
  • Le frein centrifuge (masselottes sous le capot) ou magnétique (molette crantée) : il a également pour fonction de freiner la bobine et il diminue par la force des choses la distance de lancée. Il faut commencer le casting en le serrant a ¾ pour diminuer progressivement en fonction des sensations.

Une autre spécificité des moulins casting est qu’il est impossible de changer la manivelle de côté. Il faudra donc veiller à faire le bon choix lors de l’achat. Pour se faire, il faut tenir compte de la main qui tourne la manivelle. Si on tourne la manivelle avec la main gauche on prendra un moulin « left hand » alors que si on tourne la manivelle avec la main droite, on prendra un « right hand ».

Pour bien commencer la pêche en casting, il faut prévoir un budget suffisant afin de ne pas en être rebuté. Les moulinets bon marché sont souvent peu précis et seront à éviter si vous ne voulez pas être dégoûté de cette technique. Comptez un budget de 150 à 250 euros pour un début en casting.

Ces moulinets ont été créés pour la pêche avec des leurres « lourds » (30 à 150 grammes) et confère les avantages suivants :

  • adaptés pour une récupération lente et régulière
  • pourcentage plus élevé de lancés qu’un moulinet spinning pour une même durée de pêche. L’absence de pick-up permet des lancés plus rapides
  • précision et une discrétion au poser du leurre lors des lancers
  • mise en action de pêche immédiat du leurre, car pas de latence entre la pénétration du leurre dans l’eau et la fermeture du pick-up d’un moulinet spinning. En casting, le leurre touche l’eau et il est péchant

Il faut noter que plus vous souhaitez pécher léger (« bait finesse »), plus il faudra investir dans du matériel précis et donc coûteux.

Les moulinets casting se déclinent en 4 tailles : le 50, le 100, le 200 et le plus gros le 300. Outre le poids des leurres utilisables, la taille du moulinet impacte également la longueur de tresse pouvant être disposée sur la bobine.

Les marques renommées de moulinets casting sont : Shimano, Daiwa, Lew’s ou encore Abu Garcia.

Faites-vous conseiller en magasin pour l’achat de la canne et du moulinet car il faut une certaine cohérence entre les deux. Votre revendeur sera de très bon conseil pour l’achat de votre première canne à pêche.

La tresse

Matériaux composé de plusieurs filaments tressés entre eux très finement. Elle est de plus en plus utilisée, notamment pour la pêche aux leurres car elle offre moins d’élasticité que le nylon et dès lors une meilleure sensibilité et détection des touches. Par ailleurs, elle n’a pas de mémoire et ne se déforme pas, est insensible aux UV (durée de vie) et accroît les distances de lancer.

Concernant les dimensions de tresse, il faut garder en mémoire que la pêche est une affaire de discrétion. Il faut donc trouver un bon compromis entre résistance et discrétion. Pour la perche et le sandre, des tresses de 6, 8/100 ou 10/100 sont le plus souvent choisies. Pour le brochet de 12 à 30/100 eme.

Néanmoins, elle présente aussi différents inconvénients, notamment celui d’être plus bruyante que le nylon (par son passage dans les anneaux, mais aussi dans l’eau) et sa résistance à l’abrasion est assez faible. C’est pourquoi, la ligne est très souvent terminée par un bas de ligne en fluorocarbone qui apporte un peu d’élasticité, de la résistance à l’abrasion et davantage de discrétion dans l’eau.

Le dimensionnement de la pointe de fluorocarbone peut également varier de 20/100 (perche, sandre) à 100/100 pour le brochet.

Attention, le lien entre la tresse et le fluorocarbone doit être réalisé par l’intermédiaire d’un nœud. Il en existe une multitude et les plus utilisés sont le Albright, le Peixet ou encore le noeud FG. Vous trouverez de nombreux tuto sur youtube pour réaliser correctement vos nœuds.

La marque Power pro offre un bon rapport qualité/prix.

Budget : entre 18 et 60 euros. Prix moyen : 25 euros.

La tête plombée et l’hameçon

Il existe différents types de tête plombée en fonction de la pêche pratiquée (linéaire, verticale, etc), mais nous ne rentrerons pas dans cette discussion aujourd’hui.

Par contre, il est crucial de bien choisir le poids de sa tête plombée car cela va conditionner la profondeur à laquelle le leurre souple va nager et surtout comment il va se comporter dans l’eau. La règle de base est 1 gr par mètre de profondeur, mais c’est tout-à-fait théorique car le courant influe également sur le poids du leurre. Si en été par faible courant, il peut être possible de pêcher en 5 ou 7 gr, cela devient quasiment impossible en hiver durant la crue. Tout est donc question de sensation, sans oublier qu’un leurre peu plomber offrira une nage davantage naturelle qu’un leurre fortement plombé.

Quoiqu’il en soit la tête plombée est un élément fondamental du bas de ligne car il conditionne la présentation et l’animation du leurre souple. C’est donc un élément où l’expérience de pêche vous permettra de vous améliorer.

Enfin, il est également important de bien dimensionner la taille de l’hameçon en fonction du leurre choisi pour qu’il soit prenant au ferrage mais aussi qu’il ne bride pas la nage et l’animation du leurre.

Taille du leurre Taille de l’hameçon
2“ (5 cm) 3 – 2
3“ (7,5 cm) 1 – 1/0
4“ (10 cm) 2/0 – 3/0
5“ (12,5 cm) 4/0 – 5/0
6“ (15 cm) 5/0 – 6/0

Dans le prochains article, nous détailleront davantage le choix de leurre à notre disposition.

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